sâmbătă, 23 martie 2013

Murmures


C'est l'heure du silance...
Les mots s'endorment.

J'écoute tendu leures mumures:
Ils sont fatigués, ils font cauchemar,
parlent tous en même temps, se démènent en vain;
il semble qu'ils dénoncent, il semble qu'ils renoncent,
ils vagissent désespéré, ourdissent une cnspiration.

Les verbes s'agitent, se veulent défiants
et conjuguent sans-cesse de méfiants;

Les adjectifs crient multicolore
riches de mille jeux de rôle;
ils préfèrent se bader en pauvres nuances
que de sauver à l'infini les apparences;

Les pronoms cherchent de sujets perus
et n'acceptent plus d'êtrevendus;

Le numéral hurle qu'il y a trop de désordre
et voudrait induir une brève pause.

Dans le ronde folâtre s'introduit gêné,
mais assez distingué, le Grand Prédicat!
Un peu démodé, ayant un seul sens,
le regarde ouvert et l'esprittrop dense,
toujours contrarié, aérienne et névrotique;
Il tient dans ses mains le Cod Sémiotique.

Le silence s'installe, le paysage semble féérique:

„- Je sais que vous avez mal,
j'avais prédit que nous sérions de bêtes
sur les pages des livres, paroles-papillons,
de signes collatéraux;
nous avons vidé contenu, trahi notre richesse,
nous nous simmes vendus au hasard
et nous avons ourdi avec les voleurs.

Lorsque ne sommes ni timides,
ni obscure, d'usure,
nous traversons, malheureux, la censure;
elle a passé l'époque où, debout et forts,
nous étions les grandiens des grands idéaux,
et où, profonds, clairs et limpides
nous défendions pieux toute infatuation,
tout code, toute abstractation...
Ce que je vois maintenant est déprimant et méchant.

Mois,
je suis resté seul, sans apparence;
je ne veux pas de noms communs pour sujet;
les pronoms sont faux,
les conjonctions espèrent,
l'impératif ne veut plus me repondre.

Je cherche en vain un mode passé
que je le veux vraiment plus que parfait;
j'essaie de trouver l'astral perdu
et vous libérer de ce cercle circonstanciel,
mais l'indicatif présent est lourd et stérile
le temps où tous veulent une figure de style.

Plus récemment, à la porte de notre sommeil,
il surveille même le monstre-Poèt.”

Étonné, j'ai peur de me taire,
 de dire de mots confus, de perdre la tête,
et alors,
alarmé
que je serais touché par le virus de l'illettrisme,
j'essaie de fuir...

Derrièr, tous les silences semblent me perdre;
Et j'essaire d'écrire,
tous les mots se cachent dans le cercueil;
et lorsque je veux parler ardemment,
tous les mots se taisent en langue tombale.

À l'heure du silances, lorsque les mots dorment,
l'oublie vient m'endormir doucement.

Il semble toutefois qu'à la porte de mon sommeil,
il surveille le mot, mon lourd cauchemar qui veille.


(Extrait du recueil Toujours apparences, Iași, Sympoesium, 2012)

2 comentarii:

  1. Comme il est beau et triste votre poème...Une fleur avec des paroles tombantes comme les petales...

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